
Résumé sur la technique dentaire
La digestion débute dans la bouche.
Il va de même pour le cheval ! En ma qualité de spécialiste dentaire des chevaux, j’ai eu l’occasion de constater que la plupart des problèmes, qu’il s’agisse de troubles dans le tractus gastro-intestinal ou de ceux inhérents à la kinesthésie sont, dans la plupart des cas, imputables à une mauvaise position de l’appareil masticateur tout entier ou à des pathologies de la cavité buccale.
En effet, je constate régulièrement, en tant qu’ami inconditionnel du cheval, propriétaire de chevaux et cavalier chevronné, à quel point des dents saines sont une condition primordiale pour le bien-être des chevaux.
Alors que la régularité, voire l’évidence des soins des sabots du cheval par un maréchal ferrant représente une normalité pour tout propriétaire de chevaux, la périodicité des soins dentaires ne fait, par contre, pas partie des préoccupations des cavaliers.
Chaque propriétaire de chevaux devrait attacher la même importance à la périodicité des soins dentaires qu’à celle relative à l’entretien des sabots du cheval.
Equipement
Tout comme le maréchal ferrant dispose d’un équipement spécialisé pour ses interventions sur le sabot, le traitement judicieux des dents du cheval nécessite un arsenal d’instruments hautement spécialisés lesquels sont conçus de façon à permettre, en incluant les notions nécessaires d’ergonomie relatives à la dentition équine, une utilisation conforme aux exigences de la sphère buccale. Mon équipement comprend une grande diversité de râpes et de limes. Les nombreux modèles à ma disposition permettent ainsi le traitement de chaque dent moyennant pression adéquate, effectuée dans un angle correct, ceci afin de limer efficacement les dents, sans causer des douleurs inutiles au cheval.
La plupart de mes appareils sont importés des Etats-Unis d’Amérique. La devise, comme partout ailleurs, est la suivante : Il n’y a pas d’outils universels – la qualité optimale d’un travail passe naturellement par la diversification et la spécialisation. Par conviction, je préfère l’utilisation manuelle de râpes et de limes tranchantes, même si cette intervention demande plus de temps. Je ne fais appel aux meuleuses électriques que dans des circonstances bien précises, lorsqu’il y a lieu de raccourcir des dents entières, lors de corrections d’une dentition ondulée ou dénivelée ou pour le limage et le raccourcissement des incisives. Le travail fait par une main experte apporte non seulement un gain de temps, mais évite stress et traumatismes inutiles à l’animal et est, de ce fait, bénéfique pour ce dernier.
En ce qui concerne les appareils motorisés, je tiens à préciser ce qui suit : une formation adéquate, de la pratique régulière et une utilisation quotidienne des connaissances acquises forment la base indispensable au maniement d’instruments dentaires motorisés. Une main inexperte, une personne insuffisamment instruite en la matière et manquant de routine peut engendrer inconsciemment plus de dégâts que de bienfaits et causer ainsi des traumatismes certains dans la cavité buccale. Afin de garantir une utilisation professionnelle de ces appareils, l’utilisateur se doit d’être familiarisé avec la diversité des pathologies dont peuvent être atteints les patients équins. Il doit justifier de connaissances indispensables de la fonction de l’appareil masticateur tout entier, ainsi que de la biomécanique, suivre des formations continues, être au courant des offres récentes et suivre l’évolution des techniques. Il doit vouer un soin tout particulier aux conséquences des complications que pourrait provoquer l’utilisation non professionnelle des instruments.
Il est essentiel que chaque personne qui pénètre la cavité buccale du cheval à l’aide d’instruments mécaniques ou électriques, dispose de connaissances étendues de la médecine dentaire.
Les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont incontestablement en tête de liste en ce qui concerne la conscience de l’importance à donner au traitement et à l’entretien de la dentition équine et ont de ce fait un pas d’avance sur notre continent. Les pays précités disposent de nombreuses cliniques dentaires équines, d’ « Equine Dentists », de dentistes pour chevaux, ces derniers procurant une aide efficace aux cavaliers, entraîneurs, vétérinaires et ostéopathes dans leurs soins au cheval.
Mon activité
Un diagnostic amplement documenté forme la base de mon activité. L’appareil masticateur, la cavité buccale, la surface de mastication, l’épithélium sont contrôlés, les incisives et molaires pour leur position et d’éventuelles modifications, les canines, des dents en surnombre, notamment la « dent de loup » gênante, la langue, les mâchoires supérieure et inférieure, les articulations (TMJ = Temporo Mandibular Joint) et la musculature, etc. sont examinés. En tenant compte de l’état général du cheval, je rends les propriétaires attentifs aux traitements possibles et nécessaires et prends le temps de les éclaircir sur les causes et les risques. Au cas où les symptômes ne devraient pas être significatifs d’une maladie dentaire, je le fais savoir au propriétaire, afin qu’il puisse s’adjoindre l’aide d’un spécialiste, tel qu’un vétérinaire, qui diagnostiquera et prescrira un traitement adéquat.
De nombreux problèmes peuvent être décelés simplement par l’oeil. Cependant, il est nécessaire de procéder à un toucher approfondi supplémentaire afin de se faire une idée objective.
Ma priorité première repose dans l’importance que j’attache à une dentition bien équilibrée, formant un contact optimal. Des blocages causés par des rampes et crochets rendant difficiles le mouvement et le contact de l’appareil masticateur, sont éliminés. Ces mesures sont largement positives pour les propriétaires de chevaux et la kinesthésie de cet animal. Les endroits douloureux causés par des arêtes vives et des crochets, sont traités. Selon les exigences du cheval et du cavalier, le polissage des dents peut être optimisé pour le filet ou le mors.
C’est ainsi que le travail d’un bon technicien dentaire ne consiste pas uniquement en le « limage de crochets et d’arêtes vives ». Il va bien au-delà. Je prends du temps pour votre cheval et vous conseille volontiers.
En ma qualité d’ „ Equine Dentist “, je viens au secours de votre cheval. Je travaille en collaboration collégiale avec des vétérinaires et suis toujours prêt à expliquer aux propriétaires de chevaux, éleveurs et entraîneurs les possibilités qui leur sont offertes afin d’augmenter le bien-être et l’efficacité de leur cheval.
Pathologies / surnombre
Une dent en surplus, cas peu fréquent, est la « dent de cochon ». Il s’agit ici d’une prémolaire surnuméraire atrophiée. Elle se situe sur la mâchoire inférieure en avant ou est accolée à la première prémolaire. La principale complication due aux dents en surnombre apparaît avec l’action du mors : en appuyant sur les dents de loup ou de cochon, le cheval ressent des douleurs et de la gêne. En conséquence, la communication entre le cavalier et son cheval devient difficile: il bat à la main, ne s’incurve pas, se défend. L’extraction de ces dents est une opération relativement facile. Même si elles ne semblent pas encore poser de problèmes, le dentiste équin les enlèvera toujours pour prévenir de futures complications.
Pathologies plus rares
La carie est une pathologie plutôt rare chez le cheval mais peut cependant apparaître lorsque des dents sont cassées ou quand il y a un espace entre deux dents. Des chutes de dents peuvent se produire avec l’âge ou à la suite d’un accident. La dent correspondante sur la mâchoire opposée va alors pousser sans rencontrer d’obstacle, jusqu’à buter directement sur la mâchoire, provoquant ainsi une douleur chaque fois que le cheval fermera la bouche.
Cheval sauvage et cheval domestique
Les soins dentaires peuvent paraître superflus quand on sait que les chevaux sauvages n’en bénéficient pas. Plusieurs raisons expliquent cependant que ces soins deviennent indispensables avec les chevaux domestiques, et notamment les chevaux en boxe.
En effet, avec le mors par exemple, les protections d’herbe ou autre, que le cheval place au bout des surdents pour ne pas blesser la muqueuse de sa joue, sont délogées. De même, avec l’absence de mors chez le cheval sauvage, les dents surnuméraires (dent de loup, dent de cochon) ne provoquent pas de douleurs.
Enfin, les chevaux domestiques sont alimentés différemment que les chevaux sauvages : alors que l’usure des dents de ces derniers se rectifie naturellement avec la variété de l’alimentation, les premiers connaissent une usure beaucoup plus irrégulière des dents, les molaires s’usant en biseau. De même, les chevaux en boxe n’utilisent que très peu leurs incisives (celles-ci servent avant tout à couper l’herbe au pré) qui tendent à grandir démesurément.
L’importance des soins dentaires réguliers et professionnels est amplement développée dans mon site Internet. Ce facteur continue malheureusement à être délaissé dans la vie équine de tous les jours. Combien de fois j’ai entendu dire que « tant que le cheval mange, il n’a pas de problèmes » !
Il est cependant un fait que la plupart de nos chevaux (env. 80 %) présentent des signes de problèmes dentaires. Des études en cours corroborent cette affirmation et l’exercice de mon activité ne peut que la confirmer. L’origine des difficultés se trouve avant tout dans la mauvaise position des dents, problème qui n’est pas diagnostiqué à temps et éliminé. En outre, une tenue inadéquate ou des soins dentaires non professionnels peuvent être à l’origine desdits problèmes.
La diversité de mes patients équins s’étend du cheval sportif au cheval de performance, en passant par le cheval de loisir. Ce qui m’importe, c’est d’être à la hauteur d’une multitude d’exigences. Les chevaux sportifs à talent élevé, sur lesquels repose une attente au-dessus de la moyenne, mériteraient une attention soutenue et le concours d’un spécialiste.

